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mardi 29 août 2017

Enseigner la bonne conduite favorise la réussite scolaire

Source : Le Soleil
26.08.2017




Élisabeth Fleury

(Québec) Devant le succès du système Soutien au comportement positif (SCP), qui a été déployé dans plus d'une soixantaine d'écoles québécoises pour favoriser la bonne conduite des élèves et, partant, leur réussite scolaire, le spécialiste en psychoéducation Steve Bissonnette cherche à en étendre la portée.

Le professeur au Département d'éducation de la TÉLUQ, qui est à l'origine de l'implantation du programme au Québec, a publié cette semaine un appel d'offres pour trouver un professionnel de recherche qui se joindra à son équipe.

« La demande pour implanter le programme augmente de façon importante, et il nous faut une plus grande équipe pour le déployer dans d'autres écoles », explique en entrevue au Soleil Steve Bissonnette, qui travaille déjà avec le centre de psychoéducation Boscoville de Montréal pour étendre son offre de service. « Idéalement, on implanterait le programme dans toutes les écoles », rêve le chercheur.

Aux États-Unis, le programme Positive Behavorial Interventions and Supports existe depuis plus de 20 ans et a été déployé dans quelque 23 000 écoles. Il a également été appliqué par trois conseils scolaires francophones de la région d'Ottawa avant d'attirer l'attention de Steve Bissonnette, qui a participé à sa traduction et l'a adapté pour le Québec il y a près de 10 ans.  

Le SCP se définit comme l'utilisation d'un ensemble de pratiques et de stratégies éducatives destinées d'une part à prévenir et à gérer efficacement les écarts de conduite des élèves et d'autre part à créer et à maintenir un environnement favorisant l'enseignement et l'apprentissage.

« Au lieu d'une approche punitive, coercitive, on adopte une façon de faire proactive et préventive en enseignant et en encourageant les bons comportements. L'idée, c'est d'enseigner les bons comportements comme on enseigne la lecture et l'écriture. Il ne suffit pas de dire les bons comportements, il faut aussi les enseigner », résume le professeur Bissonnette.

Ce qui ne signifie évidemment pas qu'il ne faut pas punir les élèves quand ça ne va pas, nuance le spécialiste. L'élève qui présente de sérieux écarts de conduite a peut-être des besoins particuliers qui dépassent les interventions comportementales usuelles et nécessitent l'intervention d'autres professionnels, ajoute-t-il.

Valoriser les bons comportements

« Ce qu'on dit, c'est qu'il faut considérer les bons comportements comme un objet d'enseignement. Lorsque les jeunes savent exactement ce qu'on attend d'eux, qu'on leur demande de mettre en pratique ce qu'on leur enseigne, qu'on assure une rétroaction de leurs comportements et qu'on les valorise quand ils agissent bien, on a plus de chances de voir les écarts de conduite diminuer », explique le chercheur.

Renforcer un comportement positif peut être aussi simple que de féliciter un élève qui a levé la main avant de prendre la parole, illustre le professeur.

En diminuant les écarts de conduite, on favorise la réussite scolaire et on prévient le décrochage, enchaîne M. Bissonnette. « Quand on regarde les élèves qui ont des difficultés scolaires, ce sont ceux qui ont des problèmes de comportement qui persévèrent le moins. Un élève qui est moins souvent en retenue et plus souvent en classe apprend nécessairement plus le contenu éducatif », fait-il valoir.

Résultats probants

Selon lui, les résultats du SCP, qui a notamment été implanté dans des écoles des commissions scolaires de Portneuf et des Appalaches, sont probants. Il cite l'exemple d'une école primaire montréalaise de 400 élèves, où on dénombrait pas moins de 2000 sorties de classe par année, soit l'équivalent de cinq par élève par année. Après un an d'implantation du programme SCP, les sorties de classe dans cette école ont diminué de... 60 %. « C'est spectaculaire ! » se réjouit M. Bissonnette.

Et la beauté de la chose, c'est que les résultats sont durables. Mieux, les écarts de conduite continuent de chuter au fil des ans, observe le chercheur, qui a implanté le programme pour la première fois en 2009-2010 dans une école de Saint-Jérôme. « Ce n'est pas juste un effet wow. Les effets se mesurent aussi à moyen et long terme », dit le spécialiste en psychoéducation.

Pour que le programme puisse être implanté dans une école primaire ou secondaire, deux conditions sont essentielles : le personnel doit y adhérer dans une proportion d'au moins 80 %, et la direction doit assurer un fort leadership. « C'est un programme exigeant, et quand on le déploie, on veut que ça marche », explique Steve Bissonnette, tout en assurant que le SCP n'augmente pas la charge de travail des enseignants. « On ne leur demande pas d'en faire plus, mais de faire autrement. »

samedi 26 août 2017

La scolarisation en petite section de maternelle (IGEN)

Auteurs : Marie-Hélène Leloup, Françoise Audry-Iljic, Laurent Brisset, Monique Dupuis, Marie-Laure Lepetit
Rapport n° 2017-032
05.2017



Extraits :
Dans toutes les classes visitées, la mission s’est particulièrement intéressée à la pédagogie du langage.  Premier constat, si le langage est a priori présent dans toutes les classes, s’il est affirmé comme une préoccupation majeure des enseignants de petite section, la mission a constaté la très grande difficulté des maîtres à conceptualiser leur travail, à expliciter leurs choix et même à les mettre en mots. La mission a pu observer que les outils de programmation, quand ils existent, ne sont pas toujours une aide suffisante pour l’enseignant : une fois les compétences déclinées par période, manque le croisement avec les situations d’apprentissage qui permettraient de travailler les compétences. Les outils ont de fait un caractère formel et sont interchangeables d’une classe à l’autre. Les progressions ne sont pas non plus clairement pensées. (p 35)
Tous les enseignants produisent beaucoup de langage dans toutes les situations de classe, utilisent des comptines (les comptines privilégiées sont fondées sur une gestuelle qui facilite la mémorisation, qui permet d’enrôler l’enfant par son côté ludique), chantent des chansons, lisent des albums. Quand on les interroge sur leurs critères de sélection, les enseignants mentionnent l’accessibilité aux enfants, la qualité des illustrations, la présence d’un schéma répétitif qui facilite la mémorisation. L’entrée lexicale est également un critère de choix :  il s’agit d’enrichir le vocabulaire des enfants à partir d’une thématique. (p 36)
Dans le domaine de l’oral, la mission a observé des postures professionnelles qui traduisent une véritable attention portée au domaine du langage : bienveillance à l’égard des productions langagières des enfants, soutien et étayage adaptés. Les enseignants adoptent un comportement plus individualisé dans leur rapport à chaque enfant, tant verbalement que corporellement (se mettre à hauteur de l’enfant, le regarder, ...), tentent de décoder les essais de l’enfant, reformulent et font reformuler. Ces postures professionnelles sont fondamentales, qui permettent au petit enfant d’entendre du langage qui lui est personnellement adressé, d’occuper un statut de locuteur. (p 39)