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jeudi 20 avril 2017

Bilan social annuel du ministère de l'Éducation nationale - 2015-2016



[D’après un article du Café pédagogique]

Les enseignants français sont mal payés par rapport à leurs homologues des autres pays développés. Eurostat et l'OCDE ont publié des données éclairantes à ce sujet. Si l'on s'en tient à l'Europe, exprimé en euros, 14 pays européens versent un salaire de débutant supérieur au salaire français. Alors que le salaire moyen annuel du professeur des écoles est de 24 724 € en France (2014), on est à :
- 70 450 € au Luxembourg,
- 48 360 € en Norvège,
- 42 891 € en Allemagne,
- 32 225 € aux Pays Bas,
- 31 699 € en Finlande,
- 30 335 € en Belgique,
- 27 754 € en Espagne,
- 25 123 € en Angleterre,
selon Eurostat.

Exprimé par rapport au PIB national ce n'est pas mieux. Le salaire du professeur des écoles français débutant représente 79 % du PIB national. Or chez la plupart de nos voisins, il est supérieur au PIB. C'est le cas en Allemagne (126 %), en Angleterre (100 %), en Espagne (124 %) ou au Portugal (138 %).

L'écart entre les salaires du premier et du second degré reste important. Le salaire net moyen d'un professeur des écoles s'établit à 2221 € contre 2672 € en moyenne pour les enseignants du second degré. Mais de 2014 à 2015 on constate une augmentation de 24 € en moyenne dans le premier degré contre 3 € pour le second.

Un autre élément du rapprochement des carrières apparaît en 2015. Le nombre des enseignants du premier degré accédant à la hors-classe passe de 10 462 à 11 480, soit un bond significatif. Chez les certifiés il est stable avec 8 153 promus.

mardi 11 avril 2017

Géographie de l'École - 2017

Synthèses statistiques  - Statistiques
Édition 2017

Rédactrice en chef  : Cécile Métayer


Comment se répartissent les élèves ? La taille des classes dans les écoles varie-t-elle sur le territoire ? Où l’enseignement privé est-il le moins implanté ? L’espérance d’obtenir le baccalauréat est-elle la même dans toutes les académies ? C’est à ces questions que répond Géographie de l’école, dont c’est la douzième édition. L’ouvrage décrit le système d’éducation et de formation en mettant en lumière les disparités territoriales.

Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

Trente-neuf fiches thématiques apportent de nombreuses informations, sous forme d’indicateurs cartographiés et de courtes analyses, sur l’environnement économique, social et familial des élèves, le contexte scolaire, les moyens et ressources humaines mis en œuvre ainsi que sur les parcours scolaires et les résultats.







lundi 3 avril 2017

André Tricot : « Ne pas confondre l’accès à des supports et l’accès à la connaissance elle-même »


09.11.2015




André Tricot est directeur du laboratoire Travail et cognition (CNRS/Toulouse-2) et professeur à l’ESPÉ de Toulouse.

L’expression “digital natives” vous agace. Pourquoi ?

C’est avant tout un phénomène médiatique. À l’origine, elle vient d’un article publié en 2001 par Mark Prensky, conférencier et créateur de jeux éducatifs, dans un journal universitaire américain. Mais ce n’est pas un article scientifique. La notion qu’il met en avant relève de l’opinion, n’est fondée sur aucune donnée empirique. Elle entretient l’idée fausse que les élèves vont mieux apprendre sous prétexte qu’ils vivent dans un bain numérique dont l’existence exigerait une révision complète des manières d’enseigner. Elle induit une confusion entre le fait d’utiliser un ordinateur pour des tâches spécifiques et la capacité à assimiler ou maîtriser des connaissances. Tout le discours autour des “natifs numériques” tend à confondre l’utilisation d’un outil et la réalisation d’une tâche avec cet outil.

Un autre grand succès est le personnage de « Petite Poucette » de Michel Serres, qui incarne la formidable mutation en cours...

Cette mutation, je ne la conteste pas. Une étude de 2010 montre qu’un Américain moyen lit aujourd’hui quatre heures et demie par jour au lieu d’une heure quarante-cinq dans le milieu des années 1970. En quarante ans, on multiplie par trois le temps de lecture : une vitesse de changement fascinante. Notre rapport à l’information, à la connaissance et à la culture est profondément bouleversé. La mutation est bien là, mais change-t-elle fondamentalement les modalités d’enseignement ? Michel Serres, dont je suis un fan, a lui-même admis qu’il avait été un peu rapide à ce sujet... Le numérique ne change pas le sens de l’école, qui reste de faire apprendre des savoirs “inutiles”, c’est-à-dire apparemment ou provisoirement inutiles. J’apprends le théorème de Pythagore quand j’ai 14  ans et alors qu’il ne me sert à rien, mais cet apprentissage contribue à me construire. Et, dans tous les cas, il ne suffit pas que ce théorème soit disponible quelque part pour que des gamins l’apprennent. Ce qui me dérange, c’est que l’on confonde l’accès à des supports de connaissance et l’accès à la connaissance elle-même, qui passe par le travail de l’enseignant. Ce n’est pas parce que des enfants vont lire la page Wikipédia sur le théorème de Pythagore qu’ils seront capables de le comprendre.

Mais si, au lieu de la page, c’est un magnifique didacticiel interactif ?

C’est ce qu’on appelle les tuteurs intelligents. Cela fait quarante ans que l’on fait des recherches en ce domaine, et les spécialistes, dont je fais partie, sont de plus en plus modestes. On sait de mieux en mieux présenter l’information. Ce que l’on ne sait pas bien, c’est interpréter ce que l’élève ne comprend pas, interpréter les erreurs qu’il peut commettre. Au contraire, les humains font cela très bien : réguler l’apprentissage, comprendre ce que l’autre ne comprend pas, proposer un exercice B parce que l’exercice A n’a pas bien marché avec cet élève, tandis qu’avec tel autre on va plutôt proposer l’exercice C...

Un bon enseignement est donc encore possible en l’absence d’outil numérique ?

Sans doute, mais, à partir du moment où on a bien conféré au numérique le statut d’outil, il apporte de réelles plus-values dans l’apprentissage. Mais c’est un outil, un support pour l’apprentissage. Le numérique enrichit les ressources. Rien de plus. Si je reprends l’exemple du théorème de Pythagore, cela veut dire que moi, enseignant, j’ai d’abord défini ce que les élèves doivent apprendre à partir des programmes, j’ai repéré où ils en sont, et j’ai défini ma progression. Ensuite, je vais concevoir des tâches, leur demander de résoudre un problème, de faire des exercices d’application, etc. Alors, mais seulement une fois que j’aurai fait tout cela, je peux utiliser un logiciel de géométrie dynamique qui est un outil extraordinaire et permettra de faire se concentrer l’élève sur ce qui est vraiment important c’est-à-dire comprendre le théorème. Mais on ne commence pas par mettre l’élève face au logiciel. Certains apprentissages sont plus efficaces avec les outils numériques, à condition d’être précis et méthodique : c’est chaque fois tel apprentissage avec tels élèves, dans tel contexte.


samedi 1 avril 2017

Sondage : Enquête d’opinion auprès des enseignants

« Moi, prof, je veux dire au prochain président »

Sondage Ifop pour SE-Unsa
03.2017



Pour vous, de bonnes conditions de travail, c’est prioritairement... ?
64 % : Moins d’élèves par classe

Faut-il selon vous réduire le temps de présence des enseignants devant les élèves ?
64 % : Non

Faut-il selon vous donner plus d’autonomie aux écoles et aux établissements ?
45 % : Oui

Pour vous, être des professionnels mieux reconnus, ça passe prioritairement par... ?
54 % : L’augmentation des rémunérations

Êtes-vous prêts à faire des heures supplémentaires pour augmenter votre rémunération ?
59 % : Total Non

Faut-il selon vous rendre obligatoire la formation continue pour les enseignants ?
67 % : Oui

Pour vous, une meilleure gestion de ressources humaines dans l’Éducation nationale, c’est prioritairement... ?
44 % : Un meilleur soutien et accompagnement de la part de l’institution

Faut-il selon vous affecter les enseignants expérimentés dans les zones les plus difficiles ?
73 % : Total Oui

Selon vous, le chef d’établissement ou le directeur d’école doit-il recruter ses équipes ?
78 % : Total Non

Pour vous, le rôle de l’École, c’est prioritairement ?
54 % : Enseigner les fondamentaux



Faut-il selon vous donner plus de place aux parents dans l’École ?
60 % : Total Non

Faut-il selon vous supprimer la politique de l’éducation prioritaire ?
89 % : Total Non

Pour vous, dans le champ sociétal, les priorités du prochain quinquennat doivent être... ?
43 % : Établir un modèle de développement plus durable

Selon vous, l’enseignement privé doit-il bénéficier de financements publics ?
84 % : Total Non



Faut-il selon vous conserver la sectorisation scolaire ?
61 % : Total Oui