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mardi 12 avril 2016

Origine du “chèque éducation”



Un article de Marc Gurgand (CNRS – École d’économie de Paris), paru dans Le Monde Économie du 16 mars dernier, nous rappelle les origines du chèque-éducation et nous donne un exemple de ce que son application généralisée peut entraîner :

Dans les années 1960, l’économiste libéral américain Milton Friedman (1912-2006) a proposé que la puissance publique continue de financer l’éducation, tout en ouvrant largement le marché scolaire à la concurrence : chaque enfant se verrait attribuer un « chèque » (voucher) qu’il pourrait faire valoir dans n’importe quelle école, privée ou publique. Ce plan pouvait avoir trois vertus : stimuler une offre éducative diversifiée et mieux adaptée aux goûts des familles ou aux besoins des enfants ; rompre le lien avec le marché du logement ; stimuler une concurrence entre les écoles, pour les inciter à être plus efficaces.
La réforme scolaire menée au Chili à partir de 1981 est un exemple d’adaptation à vaste échelle de ce modèle. Les écoles privées et publiques se sont trouvées en concurrence pour recevoir les vouchers des familles, et la part de l’éducation privée dans les premier et second degrés est passée de 21 % à 40 % entre 1981 et 1989 ! Mais cette politique a surtout renforcé la ségrégation scolaire : les classes moyennes ont massivement quitté les écoles publiques, qui ont concentré de plus en plus d’enfants pauvres et en difficulté. En outre, personne n’a pu démontrer que cette réforme avait augmenté le niveau scolaire. Le Chili a stagné dans les classements internationaux pendant vingt ans.

1 commentaire:

  1. Une question se pose : si les parents choisissent l'école de leurs enfants, les écoles choisissent-elles leurs élèves ?

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