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mercredi 16 septembre 2015

La faillite de l'École suédoise





Vous rêvez d'une école inclusive où tous les enfants seraient scolarisés ensemble de 7 à 16 ans ? D'une école où il n'y a pas de redoublement. Où les notes sont supprimées sur une grande partie du parcours scolaire. Où la discipline est très bienveillante et le climat scolaire cool. Où les établissements bénéficient d'une grande autonomie ? Cette école existe c'est l'école suédoise. Vous l'aurez bien sûr remarqué, c'est aussi le modèle du nouveau collège que la réforme ministérielle veut installer.

(…) Le bilan de cette école inclusive, bienveillante et sans notes est catastrophique. L'OCDE parle de « déclin éducatif suédois ». Mesuré dans PISA, le niveau en maths est passé de 509 à 478 sur la première décennie du siècle et en lecture de 516 à 483. Pour l'OCDE la Suède est le pays où le niveau éducatif a le plus baissé de tous les pays de l'OCDE. C'est le contre-exemple absolu !



D'où l'idée d'aller voir plus loin comment ce pays riche, démocratique, égalitaire a réussi à atteindre de telles performances scolaires. Et là les choses se compliquent...

Ce qui est mis en accusation, c'est la réforme suédoise installée à la fin des années 1990. La réforme a doté les districts scolaires d'une large autonomie. Les écoles sont gérées au niveau communal et le curriculum lui-même est partiellement local. Le pays a installé le libre choix de l'école avec la mise en place de chèques éducation et l'ouverture de free schools, des écoles publiques mais à gestion privée, un peu sur le modèle des academies anglaises.

(…) La décentralisation a généré des effets aussi pervers parce qu'elle a été associée à une mise en concurrence forte des écoles du fait du chèque éducation et de l'ouverture des free schools. De même la privatisation a eu des effets très négatifs sur le climat scolaire. On est passé de la bienveillance au laxisme. Les écoles se sont livrées à une véritable surenchère des notes pour trouver des élèves. Un climat peu propice au travail s'est installé. Les écoles se sont aussi affrontées sur le curriculum : elles ont utilisé leur droit à aménager le curriculum pour réduire les maths par exemple, générant leur effondrement. (…)

Le contre-exemple suédois a aussi des choses à apprendre aux enseignants. Les enseignants suédois sont avec les Français ceux qui considèrent le plus que leur profession est déconsidérée. Leur moral est dans leur chaussette, comme chez nous. Ce sont aussi ceux qui travaillent le plus isolément, avec les professeurs français. On a là aussi des éléments du déclin éducatif suédois. On ne peut pas être plus clair sur ce qu'il faut faire...

François Jarraud


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