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mardi 8 juillet 2014

SOS-manipulation (1)

Enquête d’opinion auprès des enseignants du Secondaire

Ifop pour SOS-Éducation



Voilà un sondage qu’il va falloir prendre avec des pincettes.

Non pas parce que l’Ifop aurait mal fait son travail, mais parce que le commanditaire n’est autre que SOS-Éducation. En effet, pour cette nébuleuse déjà évoquée dans un billet de ce blog tout est bon pour montrer que l’école publique est en faillite, que les enseignants sont des incapables en burn-out et que les élèves sont des voyous ignorants. À ses débuts, SOS-Éducation s’est servi sans vergogne des critiques faites par les antipédagogistes pour commencer son entreprise de démolition du système public d’éducation. Au grand dam d’associations comme Sauver Les Lettres ou de personnalités comme Pedro Cordoba qui avaient tout de suite compris que le but de SOS-Éducation n’est pas celui annoncé de redresser l’École publique, mais bel et bien de la faire disparaître.

Pour mettre quoi à la place ? Un réseau d’écoles privées hors-contrat, si possible financées à terme par le fameux chèque éducation réclamé à cor et à cri par tous les ultra-libéraux. Autrement dit, supprimer les écoles publiques qui coûtent trop cher à l’État et les remplacer par des écoles haut de gamme pour les enfants de riches et des écoles-poubelles pour les enfants de pauvres. Belle perspective !

Non contents de récupérer un argumentaire qu’elle était bien incapable de produire, la nébuleuse SOS-Éducation a ensuite conçu le projet d’attirer des enseignants par le biais de ses diverses filiales, afin qu’ils servent au mieux de compagnons de route, au pire d’idiots utiles. J’en ai connus des deux sortes, les seconds étant bien sûr les plus nombreux…

Le comble pour finir, c’est que SOS-Éducation, qui défend un enseignement tout ce qu’il y a de plus traditionnel, n’hésite pas à se réclamer, par le biais de ses affidés, de l’enseignement explicite ! Tout cela afin de passer pour “modernes” au lieu de ringards. Encore une entourloupe.

Dès lors, chacun aura compris que SOS-Éducation, paradigme de rouerie, est depuis des années une épine dans le pied de ceux qui travaillent à une authentique refondation de l’École.

Une maigre consolation est pourtant survenue ces dernières semaines. Voilà que Farida Belghoul (instigatrice des JRE, journées de retrait de l’école) vient chasser sur les terres de SOS-Éducation en créant une « fédération de parents d’élèves courageux », soutenue entre autres par le président du mouvement catholique intégriste Civitas. Bref, on pourrait dire que ce sont les cousins germains des dirigeants catholiques ultra-libéraux de SOS-Éducation. Le but de tout ce petit monde est très clair : favoriser les écoles privées hors-contrat, voire l’école à la maison. En disant adieu au système public d’éducation et à une École de qualité pour tous les enfants de notre pays, notamment ceux issus des familles les plus humbles.

Le côté plaisant de l'histoire, c'est que puisque ces gens sont partisans d’un système de libre-concurrence, il est normal que SOS-Éducation subisse la concurrence des JRE-FPEC. En souhaitant que les effets produits par cette rivalité soient dévastateurs et conduisent à un affaiblissement réciproque.

Pour conclure, il n’est pas question pour moi de douter des résultats éloquents du sondage de l’Ifop : 54 % des enseignants ont déjà connu un burn-out, 68 % ont déjà pensé à changer de métier, 40 % se sentent délaissés par leur hiérarchie, 37 % ont été victime d'insulte au cours de l'année, 51 % déconseillent à leur enfant de faire le même métier. Mais permettez-moi de vous mettre en garde contre les conclusions que SOS-Éducation va inévitablement en tirer et de la manipulation qui va s’ensuivre.

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