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jeudi 10 juillet 2014

Les parents « critiques »

D’après un article de lapresse.ca



Environ le tiers des parents de l'Outaouais (une région administrative du Québec, Canada) entretiennent une relation « sévère et hostile » envers l'école de leur enfant, particulièrement l'école primaire, révèle une étude réalisée par deux chercheurs de l'Université du Québec en Outaouais (UQO) : Pierre Collerette et Daniel Pelletier.

L'étude ne blâme pas directement les parents, mais elle les interpelle vivement, tout autant que les directions d'écoles et les enseignants. « Il y a une brisure dans le lien de confiance entre l'école et les parents que nous avons qualifiés de “critiques”, explique M. Collerette. L'école n'arrive pas à les rendre complices de ses efforts pour la réussite scolaire de leur enfant. »

Daniel Pelletier note que les secteurs où le taux de décrochage est élevé présentent une proportion significative de parents critiques. Et l'inverse est aussi vrai. « Notre étude a révélé que cette forte proportion de parents dits critiques est spécifique à l'Outaouais, dit-il. Ce n'est certainement pas le seul facteur qui explique les hauts taux de décrochage dans la région, mais c'est définitivement un facteur déterminant duquel nous devons tenir compte dans la lutte au décrochage. »

Ce qui a surpris les chercheurs c'est de découvrir que la grande majorité des parents “critiques” ont de jeunes enfants d'âge primaire, alors que le décrochage survient plus tard, vers la fin du secondaire. « Ce sont des parents inquiets quand leurs enfants entrent à l'école, explique M. Collerette. Ils sont déjà sur les dents et aussitôt qu'un petit incident survient, ils dramatisent la situation et tendent à confirmer leurs craintes. »

Les données compilées par les deux chercheurs permettent aussi d'aller un peu plus loin dans l'analyse de l'impact que peuvent avoir ces parents sur la réussite scolaire de leur enfant : « La disposition critique de certains parents peut influencer négativement la réaction de leurs enfants à l'endroit de l'école, lit-on dans l'analyse des résultats de l'étude. Les enfants pourraient y voir une caution parentale à attribuer à l'école leurs difficultés scolaires. »

M. Collerette insiste pour souligner que l'attitude de ces parents ne peut expliquer à elle seule les taux de décrochage, mais elle peut certainement avoir un impact sur la perception que l'enfant va développer de son école et son enseignant. En fin de compte, une telle attitude pourrait favoriser une tendance vers le décrochage de l'enfant rendu à l'adolescence.

« En verbalisant leurs critiques, ces parents, probablement de façon involontaire, vont créer une distance psychologique entre l'enfant et l'école, affirme M. Collerette. Ainsi, quand l'enfant a un problème à l'école, il aura tendance, dès son jeune âge, à disqualifier l'école plutôt que de tendre vers la conciliation. Il se sentira de surcroît cautionné par ses parents critiques. Il faut absolument éveiller les parents par rapport à ça. »

Ce que les chercheurs canadiens ont observé en Outaouais semble pertinent ailleurs. Et notamment en France, où les parents “critiques” mériteraient également d’être étudiés de plus près.

N’importe quel enseignant sait par expérience que la perte de confiance des parents envers l’école produit l’échec scolaire de leurs enfants…

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