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lundi 23 décembre 2013

WISE : Le simulacre du Qatar en matière d’éducation


Je reproduis ci-dessus l’excellent éditorial de Philippe Jaraud, paru sur le site du Café pédagogique le 17 décembre dernier. Il démontre de manière salutaire la duplicité du Qatar en matière d'éducation. Comme chacun le sait, ce petit émirat est l'organisateur du carnaval annuel du WISE qui se veut le somment mondial de l'innovation en éducation et qui constitue une vitrine appréciable pour cette dictature. C'est pourquoi ce sommet éducatif reste le rendez-vous des naïfs, des opportunistes, des pique-assiette et des cireurs de pompes qui viennent en nombre du monde entier, tout frais payés. Et notamment de France, comme Edgar Morin, avec d'autres, lors de l'édition 2013. L'argent gaspillé lors de ces frivolités sans intérêt aurait été sans doute mieux employé cette année pour scolariser les milliers d'enfants syriens misérables ayant fui avec leurs parents la guerre civile de leur pays et qui se retrouvent dans le dénuement le plus complet des camps de réfugiés. Mais, pour le Qatar, la solidarité arabo-musulmane ne va pas plus loin que le strass et les paillettes des soirées de gala (voir photo ci-dessous). Avec la complicité active des invités occidentaux qui viennent à la gamelle servie à grands coups de pétrodollars... 



Quelle place pour le Qatar en éducation ?


Chaque année, la famille royale de l'émirat du Qatar organise à très grands frais une manifestation internationale sur l'innovation en éducation qui place le pays au firmament de la modernité éducative. Mais PISA vient encore cette année rappeler la triste réalité d'un système éducatif parmi les moins performants de la planète.

Fut un temps, peu éloigné, où l'Éducation nationale envoyait ses cadres et même son ministre participer à WISE, une rencontre internationale sur l'innovation pédagogique. En 2013 comme en 2012, Vincent Peillon s'est gardé de suivre l'exemple de Luc Chatel. Mais l'événement, très largement subventionné, continue à attirer journalistes et agitateurs d'idées dans les hôtels de grand luxe de la capitale qatarie.

Mais qu'en est-il de la réalité éducative du Qatar ? Troisième pays du monde pour la richesse, le Qatar devrait galoper dans le peloton de tête aux évaluations internationales. Il n'en est rien. Pisa 2012 confirme Pisa 2009. Le Qatar est en bas du classement international. Il se situe exactement à l'avant avant dernier rang. Troisième pays du monde pour la richesse , il est le troisième à rebours pour la mauvaise qualité de son système éducatif. Et cela quel que soit la compétence évaluée. Les garçons qataris se classent derniers mondiaux en compréhension de l'écrit et en sciences. Les filles sont meilleures, ce qui ne veut pas dire qu'elles aient toutes accès à l'éducation. Le Qatar est aussi un des pays où les écarts sont les plus importants entre les élèves. Le niveau éducatif du Qatar est comparable à celui de l'Indonésie, un pays 25 fois moins riche... Certes il connait une progression sensible depuis 2009. Mais partant d'aussi bas, est ce étonnant ?

Pourquoi rappeler ces résultats ? Parce que le lien existe avec Wise. Les millions déversés pour organiser cette réunion de prestige manquent visiblement à assurer la scolarité universelle dans le pays et à assurer un minimum d'égalité dans le système éducatif. On ne manque pourtant pas de maitres compétents et sans emploi au Moyen Orient qui seraient capables de revigorer le système éducatif. Qui peut croire que la monarchie absolue soit sans rapport avec ces inégalités et puisse être un modèle pour l'école ?

François Jarraud

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