Translate

jeudi 22 août 2013

Évaluation de l’école supérieure de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche (IGEN-IGAEN)

Auteurs : Daniel Auverlot, Frédéric Carluer, Françoise Hostalier, Michel Leroy, Béatrice Cormier, Hélène Bernard, Marc Buissart, Alain Perritaz, Isabelle Roussel
Rapport n° 2013-020
04.2013



Dans ce rapport, on peut lire le passage suivant :

«  Le schéma stratégique de l’ESEN 2009-2012 est un document qui a été élaboré par un groupe de travail réunissant tous les acteurs qualifiés. Il a été approuvé par le conseil d’orientation de l’ESEN pour la période 2009-2012. Il comporte cinq axes stratégiques et quinze actions déclinées en chantiers et en modalités, à partir de trois objectifs définis par le directeur de l’encadrement de l’époque dans l’introduction du document :
« – fournir aux ministères de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur et de la recherche un encadrement de haut niveau, rompu à la conduite de projets, au pilotage du changement, et au management d’organisations complexes ;
– assurer, en partenariat avec les grandes écoles du service public et les universités, les formations et les cycles supérieurs d’excellence pour les cadres supérieurs et dirigeants de ministères, des universités, des organismes de recherche et des académies ;
– devenir la maison des cadres, lieu de référence institutionnel et point d’ancrage professionnel pour les responsables et les managers du système éducatif et de l’enseignement supérieur ».
En demandant le texte du schéma stratégique, la mission a suscité une grande perplexité : la DGRH n’en connaît pas l’existence, le directeur de l’ESEN et ses adjoints ne s’y réfèrent jamais ; personne dans les académies ne nous en a parlé. Les changements de structures et de responsables à la DGRH et à l’ESEN constituent sans doute une part de l’explication. Mais on peut s’étonner que l’école ait vécu de 2009 à 2012 avec un schéma stratégique que personne n’a cherché à mettre en œuvre de manière concrète. D’une autre manière, l’existence d’une lettre de mission du directeur de l’ESEN aurait pu définir des objectifs stratégiques. Les services de la DGRH n’ont visiblement élaboré aucune lettre de mission particulière pour le directeur de l’ESEN. Par ailleurs, l’ESEN n’a aucun correspondant privilégié à la DGRH. »

L’exemple vient d’en-haut : le “schéma stratégique” de l’ESEN a autant d’utilité que les “projets d’école” dont la conception est imposée aux directeurs et aux enseignants tel un pensum depuis plus de 20 ans. Sans que ce dispositif soit d’une quelconque utilité pour améliorer l’efficacité de l’enseignement dispensé, de l’avis même de la plupart des professionnels concernés. Les instituteurs ayant toujours tenu compte des conditions locales de leur activité, ils n’avaient pas besoin de remplir des paperasses pour formaliser le tout. La rédaction des projets d’école est l’exemple même de la bureaucratisation de l’activité d’enseignement : un alourdissement des charges de travail sans effet sur la réalité concrète.

Mais si l’ESEN peut échapper à son “schéma stratégique”, les écoles subissent toujours leur “projet” et les contraintes superfétatoires qui l’accompagnent. 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

ATTENTION : Les messages à caractère injurieux ou diffamatoire, ou contrevenant aux lois réprimant le racisme et les discriminations seront systématiquement détruits. Même chose pour les messages publicitaires.