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mardi 19 mars 2013

“De l'oxygène pour l'école” (Groupe UMP)

Rapport sur l'école du groupe de travail du groupe UMP

Animé par Xavier Breton, Jean-Frédéric Poisson et Frédéric Reiss


Dès qu’ils ne sont plus aux responsabilités, les politiques semblent retrouver leur lucidité. Ainsi, on peut lire dans ce rapport de l’UMP : 


« “On a trop chargé la barque” nous a dit le représentant d’un syndicat d’enseignant, comme si on avait chargé l’école de pallier tous les manquements de la société et des familles. La médiatrice de l’éducation fait le même constat : les gens attendent tellement tout de l’école qu’à  la moindre contrariété, ils se mettent en situation de la rejeter violemment. Il est paradoxal de constater comme nous l’ont dit plusieurs intervenants, que, depuis que l’on assigne de plus en plus un rôle et des objectifs socio-politiques à l’école notamment en matière de réduction des inégalités, cette dernière est de plus en plus inégalitaire puisque un enfant d’ouvrier a par exemple aujourd’hui 20 fois moins de chance d’intégrer polytechnique qu’avant 1968. »

Que n’avez-vous rien fait quand vous étiez aux manettes… 

Autre constat au détour d’une phrase : « Il faut prendre acte de l’échec des excès de certains courants pédagogistes. » Il suffisait pour cela de s’appuyer sur les résultats de la recherche qui définit pertinemment ce qui marche en classe. Et de prendre les décisions qui en découlent, sans ambiguïté. Au lieu de cela, vous avez atermoyé, tergiversé, procrastiné. Plus fort encore, vous avez maintenu à leurs postes les “éducrates” constructivistes et vous en avez même nommés de nouveaux !


Aujourd’hui, il est bien tard pour s’en plaindre…


Pour critiquer la politique éducative menée par la nouvelle majorité, les rapporteurs sont aussi très perspicaces : « F. Hollande et V. Peillon nous annoncent “une refondation” ce qui devrait se traduire si l’on en croit le dictionnaire, par « une reconstruction des bases et des valeurs nouvelles » : rien de tout cela dans le projet de loi tel qu’il est rédigé. » De fait, au lieu d’une refondation, nous allons avoir droit à un replâtrage consistant à redonner des couleurs aux méthodes “actives” qui restent, contre vents et marées, l’alpha et l’oméga de la pédagogie en France. J’attends sans hâte les décrets d'application de la loi Peillon, ainsi que les futurs programmes qui s'ensuivront. Ils contiendront, à coup sûr, une série de prescriptions favorables au constructivisme. Si possible le plus radical, c’est-à-dire le plus loufoque. Sur l’air bien connu du « On n’est pas allé assez loin dans les réformes, c’est pourquoi elles ont échoué ».


Mais que propose alors l’UMP pour insuffler de “l’oxygène à l’école » ? 

1/ Redonner toute leur place aux parents d’élèves au sein de l’école : c’est-à-dire leur en donner encore plus, surtout à ceux qui ont la mentalité de clients insatisfaits, à ceux qui se croient spécialistes en pédagogie, à ceux qui arrivent déjà à l’école en pays conquis.
2/ Former les jeunes enseignants par tutorat avec des enseignants expérimentés, en oubliant que ces derniers auront fait toute leur carrière dans le bain constructiviste et qu’ils ne connaissent par conséquent pas grand-chose d’autre.
3/ Revaloriser le statut des enseignants : ceux qui proposent cela sont les mêmes qui, les dix dernières années, ont assisté sans lever le petit doigt à la dégradation sans précédent des salaires des enseignants du Primaire.
4/ Donner de l’autonomie aux établissements, probablement pour respecter le fameux principe de saint Matthieu qui plaît tant aux néolibéraux : « À celui qui a, on donnera davantage. À celui qui n’a rien, on enlèvera même le peu qu’il a ».
5/ Confier à un organisme indépendant le soin d’évaluer les performances des élèves : enfin une bonne idée !

Le rapport se termine avec l'inévitable couplet sur l’inclusion des élèves handicapés. Conclusion superfétatoire car tout le monde, gauche et droite confondues, est d’accord sur ce point. Inclure les élèves handicapés dans les classes ordinaires passe aujourd'hui pour une évidence. Sauf peut-être pour l’enseignant qui se retrouve alors avec une charge de travail supplémentaire pour laquelle il ne perçoit rien, pour laquelle il n’a reçu aucune formation et pour laquelle il n’a peut-être aucune vocation. Dans le dictionnaire, le mot “enseignant” n’est toujours pas synonyme d’infirmier, de thérapeute, de pédopsychiatre ou d’orthophoniste.


De l'oxygène pour l'école ? L'UMP ne manque pas d'air...



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