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mardi 31 janvier 2012

Éducation nationale : trop de tension au travail

Edvard Munch : Le cri

« Les facteurs psychologiques et sociaux liés à l’activité de travail sont susceptibles d’améliorer ou de dégrader la santé physique et mentale des salariés. »
Au sein de l’Éducation nationale, on est nettement dans la dégradation : un agent de sur quatre souffre d’un excès de tension au travail. C’est le résultat d’une enquête du Carrefour Santé Social publiée le 30 janvier. Cet organisme regroupe la MGEN et les syndicats FSU, UNSA-Éducation et Sgen-CFDT. L’enquête, portant sur les risques psychosociaux, l’épuisement professionnel et les troubles musculo-squelettiques, a été réalisée sur Internet et a recueilli plus de 5 000 réponses (essentiellement des enseignants).

Cet excès de tension est le résultat d'une « situation à risques pour la santé où les exigences  du travail sont importantes, la demande psychologique forte et où les ressources disponibles dans le travail pour y faire face sont insuffisantes, la latitude décisionnelle faible ». Une personne sur quatre (24 %) est touchée dans l’Éducation nationale. Cette proportion ne varie pas selon le sexe ou l’âge, mais elle est plus forte notamment chez les enseignants du Primaire : « Une proportion non négligeable des professionnels est en situation de risque psycho-social avéré, en particulier les conseillers principaux d'éducation (CPE), les personnels administratifs, les professeurs des écoles élémentaires et (ceux) exerçant en collège ».

L’intérêt de cette enquête est de fournir pour la première fois des données sur le burn-out des enseignants français. Le burn-out, ou épuisement professionnel, est « une réponse à un stress excessif ou continu au travail ». Il se manifeste notamment par un niveau élevé d’épuisement émotionnel ou physique, par un sentiment accentué de dépersonnalisation et par une réduction de l’accomplissement personnel au travail. Pour l’Éducation nationale, les chiffres sont alarmants : un agent sur sept en est victime (14 %). Les enseignants du Primaire sont également plus touchés que les autres.

Par rapport à l’enquête SUMER qui constitue la référence en France (toutes professions confondues), l’étude montre que les agents de l’Éducation nationale, malgré leur niveau d'étude, réagissent plus comme des salariés que comme des cadres. On constate en effet que les enseignants ont un taux de tension au travail (24 %) équivalent à celui des salariés (23 %), mais ce taux est le double de celui des cadres (12 %). Cela reflète la dégradation continue des conditions d’exercice de ce métier, notamment par la perte d’autorité, le manque de reconnaissance, la faiblesse des salaires, l’absence de formation et les exigences bureaucratiques. À quoi s’ajoutent la perte des moyens et l’augmentation des exigences, une contradiction de plus en plus mal vécue.

Puisqu’un professeur sur quatre est en souffrance, il serait grand temps de faire évoluer notre système éducatif. Un enseignant qui réussit dans son métier est un professionnel efficace dont l’expertise est reconnue, notamment au niveau du salaire et de la confiance qu’on lui accorde.

jeudi 19 janvier 2012

Garçons et filles sont-ils également prêts à affronter l'ère numérique ? (OCDE)

PISA à la loupe, n° 12
01.2012



Synthèse :

- Plus de 17 % des élèves se classent parmi les plus performants en compréhension de l’écrit électronique en Australie, en Corée et en Nouvelle-Zélande, contre moins de 3 % en Autriche, au Chili et en Pologne. 
- En moyenne, les filles sont plus performantes que les garçons en compréhension de l’écrit électronique ; toutefois, l’écart entre les sexes est moindre qu’en compréhension de l’écrit sur papier.
- Parmi les garçons et les filles dont le niveau de performance en compréhension de l’écrit sur papier est similaire, les garçons ont, en général, de meilleures compétences en navigation sur support électronique et obtiennent donc de meilleurs résultats en compréhension de l’écrit électronique.


Conclusion :

L’intérêt des garçons pour la lecture sur support électronique, et leurs capacités dans ce domaine, pourraient être exploités pour amorcer un « cercle vertueux » : la lecture plus fréquente de textes électroniques entraînerait une amélioration de la performance en compréhension de l’écrit électronique qui, à son tour, se traduirait par un plus grand plaisir de la lecture et une amélioration de la performance en compréhension de l’écrit sur papier. Enfin, parents, professionnels de l’éducation et décideurs devraient également prendre acte des compétences plus faibles des filles en termes de navigation sur support électronique. Car sans ces compétences, il sera difficile pour les élèves de trouver leur voie dans l’ère numérique.