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lundi 28 mai 2007

Attirer et retenir les enseignants (OCDE)

Auteurs : Robert B. Schwartz, Judy Wurtzel, Lynn Olson
L'Observateur de l'OCDE
05.2007

OCDE


Il apparaît que la qualité et l’efficacité des enseignants devient un sujet de préoccupation important dans de nombreux pays. À l’automne 2006, un séminaire s’est tenu à Bellagio, en Italie, qui a rassemblé des spécialistes venus de 8 pays : l’Angleterre, l’Australie, le Canada, les États-Unis, le Japon, Singapour, la Suède et la Suisse. Comme on le constate, la France n’était pas représentée : la question de l’efficacité de l’enseignement n’est toujours pas à l’ordre du jour dans notre pays.

Dans les dix prochaines années, il va y avoir un renouvellement massif des enseignants comme il s’en est plus produit depuis une longue période. On va devoir attirer vers ce métier les talents voulus. Mais les candidats ne viendront que si on leur propose une meilleure rémunération, de bonnes conditions de travail et des perspectives d’évolution professionnelle intéressantes. Les systèmes éducatifs seront aussi à revoir car, comme le dit un des participants à ce séminaire : « Si on intègre un bon enseignant dans un mauvais système, c’est le système qui l’emporte ».

Il va falloir dispenser une formation initiale solide, trouver le moyen de soutenir les jeunes enseignants, repérer ceux qui peuvent être des enseignants efficaces et dissuader les autres avant leur titularisation, assurer l’efficacité des enseignants et les retenir dans ce métier, en créant des conditions de travail à la fois agréables et optimisées, en les rémunérant suffisamment. C'est précisément ce que le courant de l'enseignement explicite suggère depuis sa création.

On le voit : pour faire de l’enseignement un choix de carrière intéressant, la route est encore longue. Notamment en France...


La scolarisation des enfants et adolescents handicapés (MEN-DEPP)

Auteurs : Philippe Espagnol, Patricia Prouchandy
Note d'information, 07.23
05.2007



En 2005-2006, 69 % des enfants et adolescents en situation de handicap ont été scolarisés en France dans des classes ordinaires ou dans des classes adaptées à des élèves présentant des difficultés scolaires ou sociales. Cette proportion est en hausse (52 % en 1999-2000). À l’échelle européenne, les politiques nationales en faveur des élèves ayant des besoins éducatifs spécifiques tendent, comme en France, à renforcer l’intégration scolaire en milieu ordinaire.

La proportion d’enfants en situation de handicap scolarisés en établissement scolaire est de 80 % à 6-7 ans. Dans le premier degré, les élèves affectés par des déficiences intellectuelles ou mentales sont plus nombreux que les élèves affectés par des déficiences physiques (viscérale ou métabolique, motrice ou sensorielle).

Les besoins de l’enfant handicapé peuvent requérir les pratiques pédagogiques spécifiques dispensées dans les classes d’intégration scolaire (CLIS). Les CLIS, au nombre de 3 900 en 2005, permettent d’accueillir un petit groupe d’élèves (12 au maximum) dans une école ordinaire. Ces enfants présentent des troubles importants des fonctions cognitives, un handicap auditif, visuel ou moteur. Sur longue période, les effectifs de CLIS sont en baisse (48 400 en 1995, 44 800 élèves en 2000), ce qui peut s’expliquer par la priorité donnée à la scolarisation individuelle (dans des classes ordinaires ou adaptées). La majorité des élèves de CLIS a bénéficié, en 2005, de périodes d’intégration individuelle dans une autre classe de l’école. Il apparaît également que 70 % des élèves de CLIS ont entre 9 et 11 ans. À l’âge de 6 ans, les deux tiers des élèves de CLIS présentent un retard de niveau scolaire d’un an au moins et 30 % ont au moins deux ans de retard. À 10 ans, la quasi-totalité des enfants a au moins deux ans de retard. Par ailleurs, 88 % des élèves de CLIS présentent un handicap mental ou psychique.

L’élève peut aussi bénéficier d’un auxiliaire de vie scolaire (AVS) dont les interventions sont définies en concertation avec l’enseignant (aide pour l’écriture, installation de matériel au sein de la classe, accompagnement lors des repas, des interclasses, des sorties scolaires ou lors d’activités physiques ou sportives, etc.). L’AVS peut également être amené à accomplir des gestes techniques ne requérant pas une qualification médicale ou paramédicale particulière et peut être consulté dans le cadre du suivi du projet personnalisé de scolarisation (PPS). Il existe deux types d’auxiliaires de vie scolaire : l’AVS individuel, qui intervient généralement dans une classe ordinaire et qui est chargé de l’accompagnement d’un seul élève, et l’AVS collectif, plutôt présent dans une CLIS, qui a pour fonction d’aider l’ensemble des élèves. L’accompagnement par un AVS (individuel ou collectif) a concerné 30 % des élèves du premier degré.

Quand la situation de l’enfant n’est pas compatible avec une scolarisation en milieu ordinaire (dans un établissement de l’Éducation nationale), il est orienté vers une structure médico-éducative ou hospitalière (sous tutelle du ministère de la Santé et des Solidarités) qui lui offre une prise en charge globale (scolaire, éducative et thérapeutique). En 2006, on dénombrait 2 100 établissements médico-éducatifs (EME)4, offrant près de 108 000 places. La répartition géographique des EME est inégale, les taux d’équipement estimés pour 1 000 habitants de 0 à 19 ans peuvent varier de cinq à vingt places selon les départements.

On distingue :
- les établissements d’éducation spéciale pour enfants déficients intellectuels, appelés également instituts médico-éducatifs (IME) ;
- les instituts de rééducation, dénommés depuis 2005 instituts thérapeutiques, éducatifs et pédagogiques, accueillent des enfants présentant des troubles du comportement, malgré des capacités intellectuelles normales ou quasi normales ;
- les établissements pour polyhandicapés ;
- les établissements pour déficients moteurs appelés instituts d’éducation motrice (IEM), qui accueillent des enfants présentant une déficience motrice associée ou non à d’autres déficiences ;
- les enfants atteints de déficience visuelle ou auditive sont orientés vers des instituts d’éducation sensorielle : soit des établissements de soins et d’éducation spéciale avec une section pour déficients auditifs ou visuels, soit des établissements de soins et d’éducation spéciale pour sourds et aveugles.