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samedi 1 octobre 2016

Quelle finalité pour quelle École ? (France Stratégie)

Auteur : Son Thierry Ly
Rapport - France Stratégie
09.2016

Présentation 

Les performances du système scolaire français n’apparaissent pas à la hauteur des attentes dont il fait l’objet. Malgré une mobilisation importante de moyens, il reste caractérisé par des inégalités de réussite importantes, un poids fort de l’origine sociale sur les résultats des élèves, un climat scolaire anxiogène, une insertion professionnelle difficile et lourdement conditionnée par le diplôme, et des enseignants qui s’estiment mal formés et dévalorisés. La difficulté apparente du système scolaire français à se réformer malgré les volontés politiques ne fait que renforcer les déceptions qu’il engendre.

Au-delà de ces constats, le débat public sur l’École, dans la mesure où il tend à s’engluer dans des arguties techniques portant sur des détails du fonctionnement du système scolaire, révèle des désaccords implicites mais profonds sur les priorités qu’il faut lui donner. Les attentes vis-à-vis de l’École sont tellement nombreuses que ses objectifs n’ont cessé de s’empiler, et avec eux les injonctions contradictoires auxquelles les acteurs de terrain font face. Leur mobilisation requiert désormais un projet politique cohérent poursuivant des finalités assumées explicitement.

Ce rapport prend le parti d’aborder de front cette question des finalités de l’École. Il s’efforce d’analyser le fonctionnement concret du système scolaire français pour comprendre quelle finalité il vise aujourd’hui, de façon plus ou moins explicite. Puis, il envisage d’autres priorités que l’on pourrait assigner à l’École et les conséquences que celles-ci auraient sur son organisation et son fonctionnement.

jeudi 29 septembre 2016

Direct Instruction (Barak Rosenshine)




Note : La diapo Negative Impact présente des arguments habituels mais particulièrement faux, car :
- en Enseignement Explicite, les élèves sont forcément actifs dans leurs apprentissages ;
- l'esprit critique et créatif ne s'acquiert que par un enseignement efficace conférant l'expertise préalable nécessaire à toute critique et à toute création.

mardi 27 septembre 2016

Le scandale du CNIRÉ


J’ai déjà eu l’occasion de parler du CNIRÉ (Conseil national de l’innovation pour la réussite éducative), un comité Théodule lancé en avril 2013 par George Pau-Langevin, éphémère ministre de la réussite éducative (pas moins !).

Encore un fromage où caser les amis constructivistes plus ou moins radicaux. Comme si les démarches par découverte qu'ils revendiquent provoquaient la réussite ! Après quarante années de mise en application forcenée de ces pratiques dans l’École française, on est plus proche du désastre pédagogique que de la réussite, y compris “éducative”.

Najat Vallaud-Belkacem, actuelle ministre, a récemment prononcé un discours à Grenoble pour « renforcer la culture de l’innovation dans l’Éducation nationale ». Et relancer par la même occasion le CNIRÉ dont tout le monde avait depuis oublié l’existence. La ministre a annoncé la nomination de son nouveau président : sans surprise, il s’agit de Philippe Watrelot, membre éminent du CRAP, vivier de militants constructivistes conformes au dogme pédagogique en vigueur. Décidément, on trouve ces gens dans tous les fromages et leur règne, malgré les catastrophes qu’ils ont provoquées, n’est pas près de s’arrêter…

Le CNIRÉ a rendu la synthèse des travaux qu’il a conduit pendant deux ans. Un document de 36 pages, soit une moyenne d’une page et demie par mois ! Une telle cadence de travail montre à quel point on se moque du monde. Un vrai scandale.

D’autant que si on voulait véritablement innover, il suffirait tout simplement de renoncer à toutes les vieilles recettes de l’École “nouvelle” (qui aura bientôt un siècle), à toutes les lubies constructivistes et à toutes les démarches inefficaces par découverte. Parce que ces pratiques pédagogiques sont la cause fondamentale des inégalités scolaires : les élèves en difficulté s’y noient, les moyens boivent la tasse et les bons surnagent comme ils peuvent grâce à leur famille. La gabegie a assez duré.

La véritable innovation consisterait à mettre enfin en œuvre les pratiques d’enseignement efficaces. À commencer par l’Enseignement Explicite.

Et pas besoin d’un CNIRÉ pour cela. Tant pis pour le fromage…


Heureux comme un constructiviste
nommé dans un Conseil éducatif inutile



dimanche 25 septembre 2016

Les propositions pour l'École du collectif Racine



Le 22 septembre dernier, le collectif Racine a présenté 100 propositions pour contribuer à l’élaboration du projet éducatif du Front national.

Un certain nombre de ces propositions vont dans le bon sens et rejoignent ce que les enseignants explicites conseillent pour améliorer le système éducatif. 

Ainsi :
- la proposition 2 qui veut abolir les cycles et les compétences, « pour lui substituer une définition de ces objectifs en termes de savoirs devant être acquis à la fin de chaque année scolaire » ;
- la proposition 4 qui entend « faire de la méthode syllabique la seule méthode reconnue comme norme pour l’apprentissage de la lecture » ;
- la proposition 5 qui augmente les horaires « dédié à l’apprentissage de la lecture, de l’écriture, et à la pratique des exercices d’entraînement » à tous les niveaux de l’Élémentaire, « pour qu’aucun enfant n’entre au collège sans maîtriser la lecture et l’écriture » ;
- la proposition 9 pour dispenser « à l’École primaire, un enseignement des mathématiques, à partir des fondamentaux, c’est-à-dire de la compréhension et de la maîtrise des quatre opérations de base de l’arithmétique, en mettant en œuvre une pratique du calcul systématique » ;
- la proposition 50 qui entend « limiter les sorties et voyages scolaires à ceux présentant un intérêt pédagogique avéré » ;
- la proposition 55 qui rappelle que « l’École est un service organique de la République au sein duquel des fonctionnaires d’État remplissent une mission de service public à destination des enfants et des jeunes que la nation leur confie, lesquels sont à ce titre les véritables usagers de ce service public, à la différence des parents auxquels il ne saurait donc revenir d’exercer aucun pouvoir décisionnaire relativement aux orientations pédagogiques » ;
- la proposition 56 qui veut « redéfinir les rôles et fonctions des syndicats enseignants en veillant à ce qu’ils jouent librement leur rôle consistant à défendre les intérêts matériels et moraux de leurs mandants, mais ne prétendent pas, et en aucune façon, influer sur les orientations et pratiques pédagogiques » ;
- la proposition 57 qui redéfinit « les rapports entre les parents d’élèves et l’École : c’est à eux qu’il revient d’éduquer les enfants, l’École ayant quant à elle pour mission de les instruire. Au titre de leur devoir d’éducation, les parents doivent responsabiliser leurs enfants, et lorsque le comportement de ceux-ci traduit un défaut d’éducation, ils peuvent en être tenus pour responsables » ;
- la proposition 58 qui prétend « restreindre la représentation des parents d’élèves, au sein des organes décisionnaires aussi bien que consultatifs de l’Éducation nationale : il n’appartient pas aux parents de se prononcer et encore moins de prétendre influer sur les pratiques et méthodes pédagogiques ».

Tout cela est nécessaire pour refonder véritablement l’École, pour redresser le niveau des élèves français, pour professionnaliser vraiment le métier d’enseignant. Ce sont des dispositions que préconisent tous les instructionnistes (et qui, par conséquent, défrisent habituellement tous les constructivistes).

Cependant, si le courant instructionniste, qui mise tout sur la transmission, comprend le jeune courant de l’Enseignement Explicite, il compte également tous les partisans de l’enseignement traditionnel. Et les propositions du collectif Racine, sans surprise, subissent la complète influence de ces derniers. D’où les appels du pied qu’il fait depuis des mois à Brighelli, en lui offrant un râtelier où il n’a pas encore mangé.

Ainsi, la proposition 43 qui veut « instaurer le cours magistral à tous les niveaux » ! Comment peut-on dire aujourd’hui ce genre de chose après tout ce que nous ont appris les neurosciences sur la limitation de la mémoire de travail et sur la nécessité d'être actif dans ses apprentissages ? Même à l’université, les cours magistraux sont indigestes et, sauf talent exceptionnel du professeur qui le dispense, les étudiants décrochent assez vite parce que leur capacité d’attention n’est pas infinie. Alors, imaginons un professeur de lycée ou de collège qui arriverait devant ses élèves, ouvrirait son cours et le lirait de façon magistrale, sans interaction, sans rétroaction, et sans sourciller. Et ne parlons même pas de ce genre de démarche à l’École élémentaire. Quant à la Maternelle, cela deviendrait du plus haut comique, digne des meilleures séquences de caméra cachée…

De même que la proposition 68 qui suggère de supprimer les ESPE pour les remplacer par des Écoles normales régionales « qui délivreront une formation d’excellence centrée sur l’apprentissage disciplinaire, proscrivant les prétendues sciences de l’éducation ». Le marqueur habituel des partisans de l’enseignement traditionnel est leur farouche opposition aux sciences de l’éducation. Ils oublient un peu vite que si celles-ci sont – c’est vrai – l’apanage quasi-exclusif en France de charlatans qui ne cherchent qu’à affirmer leurs croyances, il existe ailleurs des chercheurs sérieux qui suivent une démarche vraiment scientifique et qui obtiennent des résultats tangibles très utiles aux praticiens de terrain. C’est ainsi que l’Enseignement Explicite a été défini et modélisé, grâce aux travaux sur les pratiques efficaces. Notre métier a besoin de s’appuyer sur des données probantes tirées de la recherche. On ne peut plus affirmer, comme certains crétins du courant traditionaliste, que “l’enseignement est un art” et qu’il suffit de posséder cet art – par la grâce du saint esprit – pour être un bon enseignant. Les Mozart ou les Rembrandt de la pédagogie n’existent pas, et quand bien même ils existeraient, il aurait fallu qu’ils maîtrisent d’abord toutes les techniques d’enseignement efficaces qui ne s’acquièrent certainement pas par miracle.

Au total donc, avec ces 100 propositions, le collectif Racine se situent – il fallait s’y attendre – dans l’esprit de SOS-Éducation et de toute la mouvance traditionaliste représentée par un Brighelli. Pas étonnant qu’on y retrouve le port de l’uniforme (proposition 53). Bientôt sans doute, on aura également l’usage du chèque éducation (une ancienne proposition du Front national), le salut aux couleurs, les lignes à copier et le bonnet d’âne. Tout cela, on l’aura compris, s’éloigne de l’objectif primordial : rendre l’École efficace.

Le courant instructionniste est malheureusement lourdement plombé par des nostalgiques qui nous décrédibilisent avec leurs recettes qui sentent la naphtaline. Les constructivistes ont dès lors beau jeu d’en rire et de traiter leurs adversaires de réactionnaires. D’une certaine manière, les outrances de ces propositions tirées du Pensionnat de Chavagnes aide les constructivistes à maintenir leur hégémonie sur le système éducatif, puisque cela conforte leur fausse image de “progressistes”.

C’est pourquoi, dans un tel contexte, les enseignants explicites constituent la seule alternative crédible. Puisque les constructivistes claironnent que leurs pratiques inefficaces sont “basées sur la recherche” (précisons : de quelques copains militants de l’Éducation “nouvelle”), prenons-les au mot. Regardons ce que nous apprend la recherche, la vraie, celle des chercheurs sérieux, écoutons ce que nous dit la masse de données probantes récentes relatives à l’enseignement et suivons les pistes tracées par cette recherche sur les pratiques efficaces.

Voilà la seule proposition qui permettra de déboulonner enfin la camarilla constructiviste qui ruine l'École depuis quarante ans.

vendredi 23 septembre 2016

Sondage : Les Français et le système scolaire

Sondage BVA pour POP2017.fr
15.09.2016





Principaux enseignements


Le bilan du quinquennat de François Hollande dans le domaine éducatif jugé négatif par 70 % des Français
70 % des Français estiment que les réformes engagées depuis 2012 dans le domaine scolaire sont globalement négatives. Une opinion logiquement très répandue chez les sympathisants de droite (84 %) et du FN (79 %) mais également partagée par une partie des sympathisants de gauche, très divisés sur le sujet (48 % critiquent ces réformes, 51 % les approuvent). Notons également la perception très négative des parents d’enfants scolarisés (75 %).

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Les Français jugent sévèrement le système scolaire
Invités à donner une note au système scolaire, les Français lui accordent tout juste la moyenne (10/20). Cette moyenne masque toutefois de réelles différences de perception : 19% des interviewés se montrent particulièrement critiques et lui donnent une note inférieure ou égale à 6/20, tandis qu’à l’inverse, 22 % lui donnent une note supérieure ou égale à 14/20.

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C’est surtout sur le collège et le lycée que les critiques se cristallisent
Si 80 % des interviewés considèrent que l’école maternelle fonctionne bien (58 % pour l’école élémentaire), les jugements deviennent majoritairement négatifs quand il s’agit de se prononcer sur l’enseignement secondaire et notamment sur le collège, particulièrement décrié : 65 % pensent qu’il fonctionne mal. Le jugement des parents de collégiens est encore plus sévère (74 %).

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Une école qui doit être centrée sur la transmission des connaissances mais également préparer à la vie professionnelle
Sans surprise, la transmission des connaissances est, pour une large partie des Français (70 %), la première priorité assignée à l’école, mais une majorité d’interviewés (52 %) considère également que l’école doit préparer à la vie professionnelle. Elle doit également former des citoyens pour 35 % des interviewés, tandis que seuls 19% pensent qu’elle doit contribuer à réduire les inégalités sociales. La majorité des Français (62 %) pense par ailleurs que l’école ne favorise pas la mobilité sociale.

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L’acquisition des savoirs fondamentaux reste le domaine d’action prioritaire de l’école

Le principal domaine dans lequel il est prioritaire d’agir pour les Français est, de loin, l’acquisition des savoirs fondamentaux (53 %). Cette question domine nettement le classement et relègue plus loin d’autres sujets, comme le contenu des programmes (36 %), la valorisation de l’enseignement professionnel (20 %), la défense de la laïcité (18%), le nombre d’enseignants (15 %) ou la lutte contre le harcèlement scolaire (14 %). Enfin, si les Français semblent attentifs à l’affirmation de l’autorité des enseignants (27 %), ils sont nettement moins sensibles à la valorisation de leur statut (7 % seulement considèrent que cela doit être une priorité).

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mercredi 21 septembre 2016

Regards sur l'éducation 2016 - Les indicateurs de l'OCDE





Pour la France :





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